PLAN D’ACTION GOUVERNEMENTALE : MOCTAR OUANE SITUE LE PEUPLE DEVANT LES MEMBRES DU CNT

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Dans l’après-midi du vendredi 19 février, le Premier Ministre, Moctar Ouane, a exposé le Plan d’Action du Gouvernement, composé de 6 axes devant le Conseil National de la Transition.

Hier lundi 22 février, le PM Moctar Ouane et son équipe gouvernementale, étaient en face des membres du Comité National de la Transition pour répondre aux interrogations que se posaient ces derniers.

Il faut savoir que l’essentiel des questions, a concerné les moyens dont disposerai le gouvernement pour réaliser ces actions que nombre des locataires actuels place de la République, trouvent trop ambitieuses.

Le Premier Ministre, a assuré les membres du CNT, qu’ils sauront mobiliser les ressources de l’Etat pour y faire face. Aussi, il a dit compter sur l’accompagnement de nos partenaires afin de pouvoir réaliser ce Plan d’Action Gouvernemental.

L’annonce du gouvernement de ne pas pouvoir organiser les élections à venir en mettant en place une structure unique pour les gérer, a constitué une surprise. L’argumentaire avancé a été le manque de temps.  

Le Chef du gouvernement, a annoncé aux membres du CNT, que le plan d’action gouvernementale portera en priorité sur le renforcement de la sécurité avec une relecture de l’accord d’Alger. Pour restaurer une bonne gouvernance, l’audit des lois de programmation sera au menu.

Si la régionalisation sera relancée, la corvée sera l’adoption d’une nouvelle constitution. Le retour des déplacés est en vue ainsi que le statut des autorités coutumières et religieuses.

Enfin, l’élaboration du chronogramme des élections, dont le projet fut présenté par le ministère de l’administration territoriale à la classe politique fera partie des axes retenus dans le Plan d’Action Gouvernemental.

Voici le Plan d’Action Gouvernemental, qui comporte 6 axes déclinés en 23 objectifs, adossés à 275 actions à évaluer à travers 291 indicateurs.

AXE 1 : LA PORTE SUR LE RENFORCEMENT DE LA SECURITE SUR L’ENSEMBLE DU TERRITOIRE NATIONAL

Priorités

  1. Diligenter la relecture, l’appropriation et la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger ;
  2. Accélérer le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants dans le Nord et le Centre du pays ;
  3. Procéder à la dissolution effective de toutes les milices d’auto-défense ;
  4. Redéployer les forces de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire national.

Priorité 1 : Diligenter la relecture, l’appropriation et la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger

Priorité 2 : Accélérer le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants dans le Nord et le Centre du pays

Priorité 3 : Procéder à la dissolution effective de toutes les milices

Priorité 4 : Redéployer des forces de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire national

AXE 2 : LA PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE

Priorités

Priorité 1 : Restaurer l’autorité et l’utilité sociale de l’État à travers la fourniture des services sociaux de base

En 2012, le retrait des agents de l’État a été ressenti par nos compatriotes en proie à l’insécurité comme un abandon. Aujourd’hui, malgré le retour progressif de l’État, l’accès limité des citoyens aux services sociaux de base renforce le sentiment que les pouvoirs publics ne sont toujours pas en mesure de répondre entièrement à leurs attentes.

À cet égard, nous œuvrons chaque jour davantage pour restaurer non seulement l’autorité de l’État, mais également son utilité pour les citoyens à travers, notamment, les actions suivantes :

  • Au niveau de l’Administration territoriale et de la Justice :

– recrutement de personnel dans la Fonction publique des collectivités territoriales (administration générale, éducation, santé et développement social

  • Au niveau de la santé et du développement social :

– réhabilitation et équipement de 20 Centres de santé communautaire (CSCOM) et de 06 Centres de santé de référence (CSREF) ;

– recrutement et redéploiement de 163 agents de santé de qualité et de 926 agents de santé communautaire ;

– construction de 20 centres de santé communautaires et de 05 maternités en collaboration avec les collectivités territoriales bénéficiaires;

– prise en charge médicale de 15 000 personnes en situation de précarité immatriculées au RAMED (Régime d’Assistance médicale) et immatriculation au RAMED de 30 000 nouvelles personnes ;

Priorité 2 : Promouvoir la citoyenneté et le civisme à travers l’éducation et la culture

A cet effet, le gouvernement mettra en œuvre les mesures suivantes :

– information et sensibilisation des agents publics et des citoyens sur les symboles de l’État ;

– promotion de l’esprit de vigilance et du contrôle citoyen par la formation des acteurs au respect du bien public, au contrôle de l’exécution des budgets, à l’initiation à la dénonciation des biens mal acquis et les pratiques illicites dans la gestion publique ;

– formation sur la citoyenneté et les droits humains ;

– Sensibilisation par des préceptes religieux, du sentiment de citoyenneté et de la volonté du vivre ensemble ;

– formation de 500 enseignants à la culture de la paix, de la citoyenneté et du civisme.

Priorité 3 : Renforcer la lutte la corruption

A cet effet, les efforts porteront sur les actions suivantes :

– intensification des missions de vérification de la gestion des structures de l’administration territoriale (collectivités et services) ;

– intensification des missions d’audit de performance et de contrôle de conformité ;

– organisation d’une session des assises spéciales sur la grande criminalité ;

– déclaration obligatoire des biens des fonctionnaires et agents de l’État assujettis.

Priorité 4 : Rationaliser les dépenses publiques à travers la réduction du train de vie de l’État

Priorité 5 : Auditer la gestion des fonds alloués aux secteurs de la sécurité, de la défense et de la justice

AXE 3 : LA REFONTE DU SYSTÈME ÉDUCATIF

Priorités

Priorité 1 : Négocier un moratoire avec les partenaires sociaux de l’éducation à travers la mise en place d’un cadre de concertation régulier

Priorité 2 : Engager une refonte du système éducatif

AXE  4 : LES RÉFORMES POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES

Priorités

Priorité 1 : Parachever le processus de réorganisation territoriale (Poursuivre la création de nouvelles circonscriptions administratives et leur opérationnalisation)

Le processus de réorganisation territoriale reste un défi majeur à relever pour notre pays. Depuis 2012, le Gouvernement s’est inscrit dans un processus de création de nouvelles circonscriptions administratives. Ce processus avait, certes, connu un coup d’arrêt, mais il figure parmi les priorités du gouvernement. Nous avons un pays vaste avec des disparités importantes entre les zones. Notre ambition est de faire de nos circonscriptions des entités viables, quelles que soient leur taille et leur position géographique.

À cet effet, le gouvernement procédera de façon spécifique à :

– l’organisation des concertations sur la réorganisation territoriale ;

– l’installation sécurisée des représentants de l’État dans les circonscriptions administratives ;

– la poursuite de la création de nouvelles circonscriptions administratives et de leur opérationnalisation ;

– la construction et la réhabilitation des infrastructures et équipements de la tutelle ;

– la construction de centres d’Etat-civil dans les régions de Gao et de Kidal ;

– l’organisation des concertations pour la mise en place des autorités intérimaires de Taoudéni.

Priorité 2 : Réformer le système électoral en prenant en compte les Maliens établis à l’extérieur

A cet effet, le gouvernement mettra en œuvre les mesures suivantes :

– relecture de l’ensemble des textes régissant le processus électoral ;

– campagne de communication sur les nouveaux textes adoptés ;

– mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre des réformes.

Priorité 3 :   Élaboration et adoption d’une nouvelle constitution

Avec les dysfonctionnements constatés dans sa pratique institutionnelle, notre pays a initié de nombreux cadres de réflexion et de concertation sur la consolidation de la démocratie.

En 1999, la nécessité d’apporter les ajustements nécessaires à la pratique institutionnelle et démocratique de notre pays a été soulignée et avait abouti, en 2011, sur un vaste chantier de réformes politiques et institutionnelles conduit par le comité d’appui aux réformes institutionnelles (CARI) a été lancé.

Une autre initiative de réforme lancée, en 2017, a été suspendue en raison des tensions politico-sociales qu’elle avait suscitées. Dans le même esprit, fut recommandée, à l’issue du dialogue national inclusif tenu en 2019, l’organisation d’un référendum pour la révision de la constitution du 25 février 1992.

En tirant les leçons de ces différentes initiatives et sur la base des recommandations des journées de concertation nationale des 10, 11 et 12 septembre 2020, seront engagées des réformes politiques et institutionnelles.

A cet égard, les mesures suivantes sont envisagées :

– Rédaction de l’avant-projet de nouvelle Constitution, avec :

 la revue et la consolidation des précédents projets de révision constitutionnelle ;

 la rédaction de l’Avant-projet de nouvelle Constitution ;

– Adoption du projet de constitution, avec :

 l’organisation de concertations régionales et nationales sur l’avant- projet de Constitution ;

 l’organisation de la campagne référendaire.

– Sollicitation des partenaires pour la mise en place d’un mécanisme d’assistance technique aux réformes.

Priorité 4 : Poursuivre le processus de décentralisation à travers un renforcement  d’améliorer leur offre  régions du Nord.

AXE 5 : ADOPTION D’UN PACTE DE STABILITÉ SOCIALE

Priorités

  1. Organiser une conférence sociale et engager le débat sur les questions de société comme le rôle des autorités coutumières et religieuses, la question de la pratique de l’esclavage ainsi que le statut de la femme ;
  2. Relancer le dialogue avec les groupes radicaux maliens ;
  3. Engager le dialogue entre les communautés et acteurs locaux en conflit ;
  4. Créer les conditions favorisant le retour des déplacés et réfugiés ;
  5. Accélérer le processus d’indemnisation des victimes depuis 1960.

L’ambition de l’adoption d’un Pacte de stabilité sociale est d’aboutir à une dynamique sociale apaisée dans les relations de travail et de production. Nous voulons engager tous les acteurs dans une dynamique durable et structurante. Il ne s’agit pas seulement de négocier une trêve, mais également d’instaurer une culture du dialogue. La Transition tend la main à tous pour créer un pacte de stabilité sociale, gage d’une croissance partagée.

Par ailleurs, nous devons aussi fermer la fracture entre communautés qui ont vécu dans la paix et l’harmonie depuis des temps immémoriaux et qui s’entre-déchirent sans que l’on comprenne les racines d’une violence que rien ne justifie. Il faut immédiatement recoudre le tissu déchiré de la cohésion sociale et de promouvoir la réconciliation nationale autour de valeurs que l’on croyait à jamais acquises tant ce qui unissait nos communautés était puissant.

Dans le même esprit de cohésion et de réconciliation, nous devons travailler à rendre leur dignité ainsi que leurs droits à nos compatriotes que la violence a chassés de leurs terroirs (déplacés internes) ou du pays (réfugiés).

Notre devoir est également d’assurer l’indemnisation de toutes les victimes des crises successives. C’est à ce prix que l’on peut gagner la paix des cœurs et des esprits et être en phase avec le respect et la promotion des droits humains.

Les priorités dans ce domaine sont les suivantes :

Priorité 1 : Organiser une conférence sociale et engager le débat sur les questions de société (rôle des autorités coutumières et religieuses, pratique de l’esclavage etc.)

Priorité 2 : Dialoguer avec les groupes radicaux maliens

Priorité 3 : Favoriser le dialogue entre communautés et acteurs locaux en conflit

Priorité 4 : Créer les conditions favorisant le retour des déplacés et des réfugiés

Depuis 2012, les violences que le pays connaît ont eu des répercussions directes sur nos populations, en particulier celles vivant dans certaines localités du Nord et du Centre. Ainsi, des centaines de milliers de compatriotes ont été contraints de trouver refuge chez nos voisins et d’autres se sont déplacés à l’intérieur du pays. Cette problématique des déplacés internes et des réfugiés ainsi que celle des retours renvoient à de nombreux défis autant liés à la sécurité des localités, à la fourniture de certains services essentiels qu’à l’accès à la justice.

La problématique du retour des réfugiés met également en exergue les nombreuses difficultés d’ordre sécuritaire, logistique et humanitaire. Pour notre gouvernement, l’acte de retour, en plus de son caractère essentiel pour la reconstruction de la mosaïque, est un indicateur de confiance en l’État mais également dans le processus de paix.

Dans la perspective de favoriser un retour de nos concitoyens, le gouvernement mènera les actions suivantes :

– formation et installation des déplacés internes et des réfugiés dans les domaines de l’artisanat ;

– organisation de la Bourse de l’emploi et de la formation professionnelle au Centre pour l’insertion et l’installation des personnes déplacées ;

– construction de 07 centres de Formation Professionnelle à Tombouctou, Ménaka, Kidal, Gao, Markala, Koulikoro et Sikasso ;

– élaboration et exécution d’un programme Haute intensité de main d’œuvre (HIMO) au Centre et au Nord du pays

Priorité 5 : Accélérer le processus d’indemnisation des victimes

AXE 6 : ORGANISATION DES ÉLECTIONS GÉNÉRALES

Priorités

Priorité 1 : Élaborer le chronogramme des élections

Priorité 2 : Organiser des opérations référendaires et des élections générales

 

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