DECES DU GENERAL AMADOU TOUMANI TOURE : PERTE ENORME POUR LE MALI D’UN VISIONNAIRE INCOMPRIS !

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Le Chef de l’État de la transition de mars 1991 à juin 1992 et Président élu démocratiquement de 2002 à 2012, Amadou Toumani Touré, est décédé dans la nuit du 9 Novembre 2020 en Turquie. La dépouille de l’homme, a reçu tous les honneurs, cortège funèbre à travers la ville de Bamako pour les derniers adieux d’une population meurtrie, avant la cérémonie funèbre au Génie militaire en présence de plusieurs autorités dont les anciens Présidents de la République Alpha O. Konaré et Dioncounda Traoré.

Le soldat de la démocratie malienne, a été enterré mardi dernier au cimetière de Hamdallaye, où il a rejoint les Présidents Modibo Keita, père de l’indépendance du Mali, le Général Moussa Traoré, qu’il avait renversé un 26 mars 1991.

Cette disparition restera un coup dur pour le Mali, qui vient de perdre un de ces bâtisseurs, dont le peuple continue de jouir des fruits de son action.

Aux acteurs actuels de la Transition, de s’avoir s’inspirer des réalisations de ce grand Homme. ATT, mérite les honneurs à lui rendus par tout un peuple et ses dirigeants, car il fut au début et au cœur du processus démocratique actuellement, mis à mal depuis son départ de Koulouba en mars 2012.

Amadou Toumani Touré dit ATT a déposé définitivement les armes en tant que bâtisseur et homme de dialogue et du consensus. Engagé pour la promotion du Mali, il a occupé le terrain au nom du développement de la nation à travers le pays et à travers le continent pour faire valoir ses talents de Médiateur dans les conflits.

Précurseur de la démocratie, on retiendra que le jeune Lieutenant-colonel, lassé de voir ses concitoyens dans la souffrance, décidera de renverser le puissant et redouté Général Moussa Traoré, ouvrant ainsi la porte à la 1ère transition qui mettra fin au règne dictatorial. Patriote et démocrate exemplaire, il se verra exilé à Dakar suite au putsch du 22 Mars 2012, alors qu’il était en fin de mandat. Un départ qui a engendré la crise multidimensionnelle que vit le Mali depuis son exil sénégalais jusqu’à nos jours.
En son temps pour prévenir, la dégradation de la situation sécuritaire dans la sous-région, le visionneur ATT avait invité à créer ce qui s’appelle maintenant le G5 Sahel. « J’avais prédit que la guerre actuelle à ses débuts est asymétrique et transfrontalière. J’ai demandé à ce qu’on fasse une synergie d’actions et 11 ans après, on se rend compte que j’ai eu raison. Que de temps perdu avant la naissance du G5 Sahel .J’ai tout fait, j’ai tout dit et je le prends comme un échec. On aurait fait mieux si on nous avait écouté, ce moment m’a beaucoup gêné mais ainsi va la vie. Nos ennemis ont eu le temps de se renforcer entre temps, ce qui fait que nos forces militaires ont eu du mal à suivre le rythme imposé par les terroristes sur le terrain ».

Une prise de parole faite le 22 Septembre dernier sur l’ORTM où il fera son propre mea culpa, s’agissant de sa vie politique et militaire. Sans rougir, il assumera son lien avec le Président Moussa Traoré dont il fut le tombeur en 1991. Estimant qu’une main divine a changé le cours de son destin à cette époque, ATT ne faisait pas dans le déni en reconnaissant ce que GMT lui avait apporté, nommé aux commandes des parachutistes par ce dernier, décédé le 15 Septembre 2020.

Le tournant d’ATT sera le Coup d’Etat de Mars 2012, qui est finalement vu comme une erreur. Contraint à l’exil, le défunt Général est parti comme un malpropre et humilié de toutes sortes par la junte de Kati. Il s’est reconstruit dans son exil dakarois et a fini par rejoindre la mère patrie à la veille de la présidentielle de 2018.

Ayant compris qu’on tenterait de l’emballer autours d’une candidature et conscient de l’hypocrisie de la plupart de ceux qui étaient ses soutiens quand il gouvernait, ATT est resté retranché à Dakar.

Dès son retour au bercail, le Général ATT, déchu par un certain capitaine Amadou Aya, fit de plus en plus visible à Bamako et Mopti, parce que n’étant jamais totalement décroché d’avec son pays. La preuve, à son retour, coïncidant  avec la mise en place du triumvirat devant organiser le Dialogue National Inclusif, l’homme se dit toujours disposé à servir sa patrie. Ce sera d’ailleurs dans l’intervalle du 14 novembre au 2 Décembre 2019 lors de ce grand moment, qu’il a définitivement regagné les siens.

ACTIONS CONCRETES D’ATT  

Il ne faut pas oublier que le Général avait pris la tête du conseil d’administration de la Fondation pour l’Enfance qui avait régné durant son mandat présidentiel. Une structure à travers laquelle il entendait contribuer à soigner les populations mais aussi soutenir la politique nationale des enfants. Le clou du régime d’ATT sera l’AMO (Assurance Maladie Obligatoire) régie par la loi n° 09-015 du 26 octobre 2009.

Combattu au départ par les syndicats, le fils de la région de Mopti fera l’unanimité. La CANAM sera acceptée de tous et le Malien a du mal à se passer de l’AMO de nos jours. Aussi, la loi N 09- 030 DU 27 juillet 2009 fixant institution du régime d’assistance médicale porte la signature du président Amadou Toumani TOURE. A l’ARTICLE 5 de cette loi : »bénéficient des prestations du Régime d’assistance Médicale dans les conditions fixées par décret pris en conseil des ministres les personnes qui ne sont pas couvertes par tout autre système d’assurance et qui sont reconnues indigents et leurs ayants-droit à charge….  »

Le RAMED est peu connu or c’est le frère jumeau de l’AMO. La différence est qu’il est géré par l’ANAM et les indigents bénéficiaires du RAMED disent merci à celui qui chargeait à bout de champ les Keita et Coulibaly.

La réhabilitation d’ATT est donc totale alors qu’il fut accusé injustement de haute trahison lors de son exil au Sénégal. Sa disculpation ainsi que l’accueil qui lui fit réservé le jour de son come-back symbolique montrent bien une chose : ATT faisait partie de la solution à la crise multidimensionnelle que traverse le Mali depuis 2012.

Son successeur IBK l’avait d’ailleurs rendu les honneurs quant à la surprise générale, le parrain du MOUVEMENT CITOYEN était au CICB pour la clôture du Dialogue National Inclusif, tournant vital pour la nation malienne, mal exploité par IBK et les siens. Moment de fortes émotions durant lequel allégeance lui fut faite par IBK, qui entendait le mettre en mission au nom du MALIBA. « Le Mali a besoin de toi et le Mali te mettra en mission » a dévoilé celui qui était le chef de l’Etat depuis 2013.

Pour aller dans le concret, IBK insistera à ce que son cadet ATT soit avec lui sur le podium au point d’oublier de clore les travaux. Accueilli par son successeur à la tribune du présidium, le fils de Toumani entonnera l’hymne national à côté de celui qui l’aura remplacé depuis son départ forcé en 2012.

Il est clair que le mythique défunt, pour tout ce qu’il a fait pour le Mali, a droit à des funérailles nationales avec des drapeaux en bernes pour un minimum de 3 jours. Un moment d’Adieu où le peuple regrettera longtemps l’homme qui était en réalité incompris dans sa gestion du pays : le temps l’a donné raison sur quasiment tout ! Sa conduite à sa dernière demeure a enregistré l’arrivée de plusieurs anciens et actuels  dirigeants politico sociaux  d’Afrique et du monde.

A noter que l’ancien Président de la République du Mali est décédé en Turquie à l’âge de 72 ans. Il avait quitté Bamako pour des traitements à Istanbul. Avant son évacuation, il fut opéré à l’hôpital Luxembourg de Bamako dont il est le propriétaire. L’ami des enfants est donc parti… les laissant orphelins avec un Mali à la croisée des chemins.

REPOSE EN PAIX MON GENERAL PRESIDENT

 

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