DEFIS DE LA TRANSITION : BAH N’DAW FACE A SON DESTIN

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Désormais intronisé, le nouveau leader du Mali devra faire face à un défi : les intentions inavouées du CNSP. Aussi, Bah N’Daw ira dans une cohabitation qui ne dit pas son nom alors que le M5 entend jouer un rôle de sentinelle malgré l’implosion dans ses rangs. 18 mois de mission pour un doyen qui devra se surpasser afin de conduire à bon port la transition comme ce fut le cas en 2013 et 1991. 

Bah N’Daw se retrouve au sommet de l’Etat. S’il a un Premier ministre comme l’indique la Loi Fondamentale, il sera le premier président de la transition à vivre l’expérience de la vice-présidence. Une place occupée par son « fils » Assimi Goita, qui est loin de faire de la figuration. Ce dernier œuvre déjà en sourdine pour des grades à l’endroit des membres du CNSP.

Il faut aussi noter une chose concernant la nomination de Bah N’Daw : les choses ont été faites à l’envers. Normalement c’est le numéro 2 qui devrait être nommé par le boss de la Présidence, ce qui n’a pas été le cas. Aussi, le CNSP ne semblait pas être porté sur sa dissolution malgré l’installation des organes de la transition. Heureusement que la cour constitutionnelle par un arrêt, vient de le faire. Selon nos informations, c’était d’ailleurs la raison avancée par Choguel Maiga, qui refusa de postuler pour la Primature au motif, qu’il ne comprend pas que ce soit Kati qui réceptionne les CV en lieux et place de Koulouba.

D’autre part, le M5 est aussi dans une dynamique de « rester en vie ». Autrement dit, bien que l’unique objectif soit satisfait, à savoir le départ d’IBK, les alliés de Mahmoud Dicko font du surplace. De partenaire naturel de la junte comme ils le disaient, ces derniers risquent de finir éternels opposants vu qu’ils soient actuellement réduits en minorité.

Si le mouvement en lui-même contient assez de « tonneaux vides », il faut avouer que sa force réside autours de l’ancien président du haut Conseil islamique. Alors qu’il a dit s’être retiré de l’arène politique, Mahmoud Dicko est loin d’avoir intégré sa mosquée de Badalabougou. La preuve, il était au sein du collège qui a désigné le couple qui dirigera le palais de Koulouba.

Bah N’Daw est censé être averti de l’influence de l’Imam qui fera parler de lui à maintes reprises durant la Transition. La question de la régionalisation risque d’être le nœud gordien de la mission du Président Bah N’daw. Lors du règne d’IBK, le découpage territorial a maintes fois fait polémique et le projet fut finalement reporté. Il est certain que plusieurs localités reviendront à la charge car des villages ont refusé le fait d’être associés à d’autres administrativement, provoquant d’importants conflits sociaux.

La résolution de cette question permettra au Président de la transition d’atteindre l’objectif final de sa mission : organiser des élections acceptées de tous. Ce qui passe forcément par une gestion intelligence du découpage territorial surtout que suivra la revue du fichier électoral ainsi que de l’état civil.

L’ex colonel major aux commandes de Koulouba a donc du pain sur la planche. La CEDEAO récuse le fait que son vice-président soit son remplaçant d’office comme prévu par la Charte de la Transition. Ce premier handicap a été heureusement relevé sans grand accroc, Assimi ne pourra plus remplacer Bah N’daw en cas d’empêchement de ce dernier.

Souhaitons que les autres défis, connaissent aussi des dénouements heureux lors cette transition.

Aux acteurs de cette période transitoire de rester soudés, car ils risqueraient de faire face à plusieurs rebondissements, vu l’exigence du peuple devenu regardant sur la gestion de l’Etat !

Vivement, nous souhaitons une transition réussie pour le bien du peuple malien.

 

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